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Actualités

Créations d’emploi au 4ème trimestre 2019 : Estimation

12 Mars 2020, 10:22am

Publié par La Cgt70

Si les prévisions, concernant le chômage n’ont pas changé, les chiffres des créations d’emploi ont été précisés par l’INSEE, ce mardi 10 mars.

L’estimation de l’INSEE de février annonçait une hausse de 0,2 % au quatrième trimestre et de 1,1 % sur l’année, ce qui correspond respectivement à 40 700 et 210 000 créations d’emplois salariés dans le secteur privé. L’étude de mars ajoute des précisions concernant les emplois dans la fonction publique, le secteur marchand et non marchand, les secteurs d’activité…

Les créations d’emploi seraient de 90 800 sur le trimestre et 287 600, secteurs privé et public confondus. Sur le trimestre, ces créations d’emploi seraient attribuables essentiellement au secteur privé, puisque seulement 2100 créations d’emploi sont dénombrées dans le public (contre + 9 000 au 3ème trimestre 2019).

Le secteur des services marchands comprend la grande majorité des créations nettes d’emploi (68 600 créations sur le trimestre et 201 000 sur l’année). On constate quand même une baisse de l’emploi intérimaire au sein de ce secteur (-1900 sur le trimestre et -2700 sur l’année). L’emploi dans les services non marchands accélère légèrement (+ 11 900), ce qui provient essentiellement du privé (+ 11 000).

Les secteurs connaissant les créations d’emploi les plus importantes sont l’industrie agroalimentaire (+ 2 600 sur le trimestre), la construction (+ 10 100), le commerce (+ 18 200), l’hébergement/ restauration (+ 19 600), l’information/communication (+ 4 700) et les services aux entreprises (+ 14 700).

A l’inverse, on relève quelques secteurs « sinistrés » en termes de créations d’emplois : le secteur de la cokéfaction et du raffinage, celui des biens d’équipement, celui des matériels de transport et des services immobiliers stagnent voire accusent des destructions d’emploi.

Si on ne peut nier que les créations d’emploi sont en progression, cela fait suite à une année 2018 décevante (+ 163 000 emplois sur l’année) et cela reste inférieur au niveau de 2017 (+ 329 700). En clair, les stratégies du gouvernement Macron ne montrent pas des résultats fulgurants : alors, pourquoi vider les caisses de l’Etat pour financer des cadeaux fiscaux aux plus fortunés ? Pourquoi flexibiliser notre code du travail au détriment de la santé et de la sécurité des travailleurs ? Pourquoi multiplier les exonérations de cotisations, qui détruisent nos systèmes de solidarité (chômage, retraite, sécurité sociale) ?

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le nombre de créations d’emploi ne dit rien de leur qualité : on ne sait pas s’il s’agit de CDD, CDI, temps complets, temps partiels… Par exemple, concernant le temps de travail, l’Insee s’appuie sur la définition de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) selon laquelle un emploi c’est… 1 heure de travail par semaine. Il ne suffit pas de créer des emplois, il faut créer des emplois stables qui permettent aux travailleurs d’avoir des revenus décents.

Quelques précisions sur la qualité de l’emploi en France :

- Au cours des 20 dernières années, le nombre de CDD de moins d’un mois a été multiplié par 2,5. Ainsi, 83 % des CDD durent moins d’un mois et 30 % des CDD ne durent qu’une journée (Dares 2018)

- 18,5 % des salariés sont à temps partiel et quasiment 80 % d’entre eux sont des femmes (INSEE, 2018)

- 400 000 travailleurs se trouvent dans une « relation de travail suivie », c’est-à-dire qu’ils se trouvent dans une relation d’emploi durable et répétée chez un même employeur, en accumulant les contrats courts (2/3 des contrats conclus dans ce cadre durent moins d’un mois). Il s’agit généralement d’emplois peu qualifiées, occupés par des jeunes et des femmes, avec pas ou peu de probabilités d’accéder un jour au CDI (Unédic, juillet 2019)

- 13,5 % des emplois, soit 3,7 millions de personnes, ont un statut précaire (Observatoire des inégalités, 2019).

On préfère toujours des chiffres du chômage en baisse et des créations d’emploi en hausse, mais ces données doivent être replacées dans leur contexte : taux de pauvreté à son plus haut niveau depuis 20 ans, mesures fiscales qui favorisent les 5 % des français les plus riches, débauche de cadeaux aux entreprises en exonérations et suppressions d’obligations sociales sans (ou très faible) création d’emplois, emplois toujours plus précaires, etc... Sans parler des risques de retournement immédiat, comme le prouve la crise provoquée par le coronavirus!

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