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Publié depuis Overblog

17 Mars 2022, 08:50am

Publié par La Cgt70

Le ministère de la Santé a signé au moins vingt-huit contrats avec sept cabinets de conseil entre mars 2020 et janvier 2021 dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire, pour un montant de 11,35 millions d’euros. Une externalisation des missions régaliennes présentée comme indispensable après des années de casse des services publics.

 

McKinsey, Citwell, Accenture... Le gouvernement a fait appel aux services de ces cabinets privés pour être conseillé dans la mise en œuvre de sa stratégie sanitaire face à l'épidémie de COVID 19. 

De mars 2020 à février 2021, le ministère de la Santé a passé près de 26 commandes auprès de sept cabinets, pour un coût de 11,35 millions d’euros… Les noms de ces entreprises ont été découverts par le grand public dans la presse en début d'année. Le cabinet McKinsey a été le bénéficiaire de la plupart de ces contrats, empochant quatre millions d'euros à lui seul, pour différentes missions facturées entre 24 000 euros et 3,2 millions d'euros.

Le recours à des cabinets de conseil privés n’est pas nouveau, mais la pandémie, en amplifiant la pratique dans la gestion de la crise sanitaire, a mis en lumière le phénomène.

 

Dans ce contexte, une commission d’enquête parlementaire sur le rôle que les cabinets de conseil privés jouent auprès des décideurs publics a été créée. Lors des auditions, l'une des justifications de ce recours massif à des cabinets de conseil était la suivante : la Direction Générale de la Santé (DGS) s'était trouvée « démunie en moyens humains » pour gérer une crise d'une ampleur inédite.

Auditionnée par la commission d'enquête, Estelle Piernas, secrétaire générale de l'UFSE (Union Fédérale des Syndicats de l'Etat) CGT, a dénoncé le recours à ces cabinets.

« Cela représente des coûts exorbitants, payés avec l'argent des contribuables ! On nous dit que les fonctionnaires coûtent cher mais ce n'est rien à côté du prix de ces études. L'Etat ne cesse de réduire le nombre d'agents mais il n'y a aucun contrôle sur la sous-traitance au privé. ».

Pour Estelle Piernas, « il aurait mieux valu équiper les agents de téléphones et d'ordinateurs pour qu'ils puissent continuer à faire leur travail. Il se serait agi d'investissements sur le long terme. ».

Elle dénonce aussi le « côté méprisant des consultants » qui « regardent les fonctionnaires de haut » : « Dans l'administration, ils nous parlent de « clients » au lieu d' « administrés ». Ils se demandent seulement comment réduire les coûts, jamais comment améliorer le service rendu. »

Cette externalisation des missions de l’État nourrit les appétits ( le marché du conseil privé a doublé en moins de dix ans en France) et affaiblit la puissance publique.

La CGT prône le recrutement massif de fonctionnaires. Elle défend la fin de toutes les formes d'emploi précaires et non-statutaires qui ont été développées.

Des services publics forts sont nécessaires à la cohésion sociale et doivent être gérés démocratiquement dans le but de répondre aux attentes et besoins des populations et donc à l'intérêt général.

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